samedi 26 septembre 2026

recommander le suicide par écrit, et le déconseiller en paroles

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correspondances privées (de désert): 

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Louis-Julien Poignard : "J'ai aussi trouvé sous la plume de Cioran le texte programmatique qui marque la naissance du GRRR et lui confère sa légitimité :

"Les esprits lucides, pour donner un caractère officiel à leur lassitude et l'imposer aux autres, devraient se constituer en une ligue de la déception. Ainsi réussiraient-ils peut être à atténuer la pression de l'histoire, à rendre l'avenir facultatif." (Syllogismes de l'amertume)

 Cioran, dont les écrits sont assez sombres, est un homme de très bonne compagnie, plutôt gai. Il déclare avoir passé sa vie à recommander le suicide par écrit, et à le déconseiller en paroles, car dans le premier cas cela relève du monde des idées, alors que dans le second il a en face de lui un être de chair et de sang. Tout en conseillant et déconseillant le suicide, il affirme qu'il existe une supériorité de la vie face à la mort : celle de l'incertitude. La vie, la grande inconnue, n'est fondée sur rien de compréhensible, et ne donne pas l'ombre d'un argument. Au contraire, la mort, elle, est claire et certaine. D'après Cioran, seul le mystère de la vie est une raison de vivre."(source : wiki)


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salut Richard !
Ca me fait sourire de t’imaginer te recueillir (ce n'est pas le mot que tu as employé, tu as dit "je suis allé voir") devant la tombe de Cioran, prophète de la déconvenue Une et indivisible. Chantre de l'amertume durable et sans anesthésie (surtout pas !)
Tu me l’avais fait découvrir vers 1982, c’est vrai qu’il m’avait durablement stupéfait aussi.
J’ai failli écrire prophète du nihilisme, mais il était si circonspect qu'il s’en méfierait, et finirait par trouver au nihilisme un petit air de syncrétisme spirituel, ces systèmes de pensée si funestes aux humains, mais qui font prospérer les ayatollahs et leur opium du peuple, comme disent les marxistes qui bourrent leur chilum de Hegel.
J’ai regardé un film d’horreur spirituelle assez réussi, hier soir, qui aurait complu à Emil C.
Ecrit par un Sud-coréen et réalisé par un Thaïlandais, The Medium démarre comme un documentaire ethnographique (un peu comme Cannibal Holocaust, mais en mieux) ayant pour objet d'étude la façon dont les Thaïlandais font cohabiter en eux l’animisme, le culte des ancêtres, le bouddhisme, et parfois même Jésus Christ, dans une famille dont la plupart des membres semblent "normaux", même si la tante Ming est devenue chamane parce que sa sœur ainée s'est refusée à assumer ce destin que la lignée lui avait tracée, et elle parle très librement de sa façon de converser avec esprits et entités. Mais la spiritualité n’est pas un don, dans The Medium, c’est un lourd et instable patrimoine qui consume les personnages et les retourne les uns contre les autres. Le film se termine dans un épouvantable carnage, une sorte d'apocalypse zombie, dont le grand-guignol serait presque rassurant, malgré l'aveu de la chamane, un peu avant sa mort (violente) : elle confie à l’équipe de tournage du faux documentaire sa crainte d’avoir offert son existence à quelque chose qu’elle ne comprenait pas réellement, et doute même d'avoir été "habitée" par qui ou quoi que ce soit.
Puis le Mal se répand sur terre, et dévore tous les protagonistes.
Désolé pour le spoil.
C'est du nihilisme pour âmes simples, mais ça ramone quand même pas mal. En Occident le film a été moqué pour son côté horrifique un peu rebattu, même pour les amateurs du genre, mais dans le Sud-Est asiatique, il a dû inquiéter plus d'un spectateur, qui ne sont pas comme nous gavés d'images impies et saturés de visions blasphématoires.
Concernant Cioran, je relève qu'en 1981, une admiratrice allemande du nom de Friedgard Thoma rentre en contact avec lui. Ils entretiennent ensuite une correspondance qui se transforme en relation amoureuse à distance après que celle-ci lui a envoyé sa photographie. Cioran profite d'une absence de Simone Boué pour faire venir l'Allemande de 35 ans chez lui (il en a 70).
Il n'était donc pas totalement étanche à la beauté du monde phénoménal.
Il faudrait peut-être bombarder l'Iran des mollahs avec des femmes à poil ?
à condition de leur fournir des parachutes, sinon l'effet est gâché.
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[End of transmission]
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