dimanche 24 mai 2026

Se désinscrire

Tout artiste reflète ce qui traverse l’environnement dans lequel il vit — ça ne peut pas lui échapper. Refuser de le faire, c’est trahir son époque. J’ai l’impression que c’est la première fois dans l’histoire de l’humanité que l’individu se trouve aussi démuni face aux grandes entreprises. Je pense principalement à celles de la tech, dont on sait que certaines d’entre elles pratiquent un lobbying très puissant à la solde de Donald Trump et de l’idéologie MAGA. 

c'est bien lui. Ma femme déconseille fortement
la lecture de son roman
" d'ailleurs, les poissons n'ont pas de pieds "
elle s'est cachée dans la liste de babelio

Leur but, c’est qu’un tout petit nombre d’individus possède presque tout — soit un monde extrêmement cruel où la culture n’existerait plus, où la pensée serait uniformisée. Mais le rêve des suppôts de l’ultralibéralisme, c’est justement que nous cédions au pessimisme.

Par exemple, plus de cent millions de personnes dans le monde sont abonnées au site de streaming musical Spotify, qui s’est lancé dans la fabrication de musique purement produite par intelligence artificielle et rémunère très mal les artistes. En revanche, son patron s’enrichit de manière exponentielle et mobilise sa fortune pour financer des drones et des armes pilotées par IA [Daniel Ek, fondateur et PDG de Spotify, a, en 2025, investi 600 millions d’euros dans la start-up militaire Helsing, ndlr]. Comme les contemporains de Pétur face aux massacres, chacun d’entre nous engage, à son échelle, sa responsabilité. Et chaque abonné de Spotify a la liberté de s’en désinscrire…

 Jón Kalman Stefánsson interviewé dans Télérama n° 3984



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